Questions pour l’élection provinciale 2026

Dans le contexte de la campagne électorale provinciale de 2026, nous avons posé quelques questions aux partis présents dans notre circonscription (à l’exception du parti NUL, qui n’a pas vocation à avoir de plateforme). Merci au Parti vert du Québec, à Climat Québec et à Québec Solidaire pour leurs réponses.

les questions

Financiarisation

Étant donné que la recherche démontre que les propriétaires financiarisés augmentent les loyers et évincent les locataires dans une proportion plus substantielle que d’autres types de propriétaires (August et St-Hilaire, 2025), quelles actions comptez-vous mettre en place pour agir sur ce facteur qui nuit à l’abordabilité du parc locatif et précarise les locataires?

Vacance immobilière

Une des douze recommandations issues du Forum de l’immobilier collectif est de favoriser la décarbonisation des projets de construction, notamment en réutilisant les bâtiments et les ressources existantes. Seriez-vous prêt à modifier le Code national du bâtiment (CNB) pour faciliter la requalification de bâtiments existants et développer ce secteur de notre économie? Y voyez-vous une opportunité pour favoriser des projets d’immobilier collectif au service des communautés? Comment le gouvernement du Québec pourrait-il faire preuve d’exemplarité avec les propriétés publiques vacantes?

Numérique

La souveraineté numérique est une préoccupation grandissante dans le contexte des tensions politiques et commerciales avec l’administration Trump. Pourtant, le gouvernement du Québec dépense des centaines de millions (Côté, 2025) et la Caisse investit des milliards de dollars dans les GAFAM (Dufour, 2026). Qu’allez-vous changer dans les politiques d’approvisionnement et d’investissement du Québec? Quelle mesure comptez-vous adopter pour soutenir les fournisseurs de services locaux? Comment allez-vous soutenir les groupes qui visent à faciliter la transition numérique des citoyen·ne·s et des entreprises?

Soutien à l’économie sociale

Soutenir financièrement l’émergence de projets d’entrepreneuriat collectif est un vecteur de développement territorial et de réponse aux besoins des collectivités locales. Une des propositions du Chantier de l’économie sociale consiste à offrir des prêts à bas taux d’intérêt pour les développeurs, les achats et les rénovations en économie sociale. Quelles mesures comptez-vous déployer pour renforcer l’économie sociale et solidaire?

Les réponses

Parti Vert du Québec

Financiarisation

Pour le Parti Vert du Québec, la crise du logement est la conséquence directe d’un système capitaliste qui traite le logement comme un actif financier plutôt que comme un besoin essentiel. Nous voulons donc réduire directement le pouvoir des propriétaires et des investisseurs sur le marché locatif et transférer davantage de contrôle aux locataires.

Nous proposons une réduction obligatoire des loyers de 5 % par année pendant quatre ans dans l’ensemble du parc locatif privé. Le gouvernement imposerait un taux négatif dans le mécanisme d’ajustement des loyers et interdirait les tentatives de contourner cette baisse par des évictions, des frais supplémentaires ou des modifications artificielles des baux.

Nous proposons surtout de donner aux locataires le pouvoir d’exproprier leur propriétaire. Les locataires d’un immeuble pourraient former une coopérative d’habitation et acquérir leur immeuble par expropriation en versant au propriétaire 80 % de sa valeur municipale. Le gouvernement fournirait à la coopérative une hypothèque remboursable sur 40 ans. Les profits versés aux propriétaires seraient ainsi éliminés et les locataires décideraient démocratiquement des loyers, des rénovations, des réparations et de l’entretien de leur immeuble.

Nous proposons également une taxe de 20 % sur la revente d’une propriété dans les sept années suivant son acquisition afin de combattre les flips et la spéculation immobilière. Les propriétaires qui refusent de maintenir leurs logements aux normes après des avertissements et des sanctions pourraient éventuellement voir leur parc locatif saisi sans compensation.

Notre objectif est clair : le logement doit être un droit fondamental, pas un véhicule d’investissement permettant l’accumulation de profits.

Vacance immobilière

Nous sommes favorables à la réutilisation des bâtiments existants et à leur conversion vers des usages collectifs lorsqu’elle est possible. Notre programme prévoit déjà de modifier le Code du bâtiment pour renforcer fortement les normes écologiques et viser les critères LEED-Or.

La logique générale de notre politique du logement est également de développer massivement le logement social et de mandater une société d’État pour construire des logements coopératifs.  Nous voyons donc un potentiel évident dans la récupération de bâtiments existants pour le logement coopératif, social et d’autres usages collectifs.

Nous sommes ouverts à modifier les règles qui constituent inutilement un obstacle à la requalification écologique et sécuritaire des bâtiments existants. L’État devrait également examiner ses propres immeubles vacants en fonction de leur potentiel d’utilisation publique, sociale ou communautaire avant de les céder au marché privé.

Numérique

Notre programme part du principe que les infrastructures essentielles ne doivent pas être organisées en fonction des intérêts des grandes entreprises privées. Nous voulons renforcer l’expertise interne de l’État et moderniser les systèmes informatiques publics afin d’améliorer les services plutôt que de réduire l’État.

Nous voulons également donner davantage de pouvoir aux municipalités face aux grands projets privés. Notre programme leur donne explicitement le droit de refuser des centres de données et d’autres projets industriels lorsqu’ils menacent l’environnement ou ne respectent pas l’acceptabilité sociale. Nous nous sommes engagés à un moratoire de cinq ans sur la construction de centres de données. 

Nous sommes favorables à réduire la dépendance du Québec envers les multinationales étrangères du numérique et à développer davantage notre capacité technologique ici.

Soutien à l’économie sociale

Notre programme écosocialiste cherche précisément à démocratiser la propriété et le contrôle de l’économie.

Dans les milieux de travail, nous proposons d’encourager la création de coopératives de travail, de renforcer le droit à la syndicalisation et de donner davantage de pouvoir aux travailleuses et travailleurs dans la gouvernance des entreprises. Nous appuyons la représentation du personnel aux conseils d’administration des grandes entreprises ainsi que des mécanismes de partage des profits.

Dans le logement, nous allons beaucoup plus loin : l’État fournirait directement des hypothèques sur 40 ans aux coopératives formées par des locataires afin qu’elles puissent prendre possession de leur immeuble.  C’est un exemple concret de la façon dont nous voulons utiliser la capacité financière de l’État pour transférer des actifs du secteur privé vers des formes de propriété collective et démocratique.

Nous sommes donc favorables au principe de financement public pour développer l’économie sociale et solidaire. Notre vision ne consiste pas simplement à offrir quelques programmes supplémentaires aux entreprises collectives : nous voulons augmenter la part de l’économie qui appartient directement aux travailleurs, aux coopératives, aux collectivités et au secteur public.

Climat Québec

Préambule

Les questions d’Espace Ville Autrement portent sur quatre sujets qui semblent distincts : la financiarisation du logement, les bâtiments vacants, l’autonomie numérique et l’économie sociale. Pour Climat Québec, ils posent une seule et même question : qui contrôle nos leviers collectifs, et au profit de qui ?

Notre plateforme 2026 repose sur deux axes indissociables : le Bien commun et l’Indépendance. Le Bien commun, c’est une économie au service du monde et non des actionnaires, qui réinvestit dans nos collectivités, avec des services publics forts et un développement enraciné et respectueux de la nature. C’est aussi la force de contrer les lobbys, pour que les décisions publiques servent les citoyennes et les citoyens plutôt que les grosses corporations.

Notre programme parle de « Mieux d’État » : un État agile, compétent et transparent, qui reprend le contrôle de ses outils plutôt que de les céder morceau par morceau. C’est dans cet esprit que nous répondons.

Comment lire nos réponses. Par souci d’honnêteté, nous distinguons clairement :

  • Ce que Climat Québec s’est déjà engagé à faire, parce que c’est écrit dans notre programme ;
  • Les pistes que nous proposons d’approfondir, cohérentes avec nos orientations, mais qui n’ont pas encore été adoptées formellement par nos instances ;
  • Des exemples qui ont fonctionné, choisis parce qu’ils sont transposables au Québec : même climat nordique, cadre juridique comparable, ou déjà en place chez nous.

Financiarisation

Notre lecture

Un logement n’est pas d’abord un placement. C’est l’endroit où l’on élève ses enfants, où l’on vieillit, où l’on se construit une stabilité. Quand le rendement exigé par des investisseurs dicte l’usage des immeubles, ce sont les locataires et les régions qui paient la note.

Nous appliquons au logement la même logique que nous appliquons déjà aux terres agricoles, à l’eau et à l’électricité : ce qui répond à un besoin vital doit rester sous contrôle collectif, à l’abri de la spéculation.

Ce que nous portons déjà
  • Notre programme prévoit de s’assurer que les personnes seules et les familles aient accès à un logement digne, en développant de nouveaux logements sociaux selon les besoins de chaque région, du Grand Nord au centre-ville de Montréal.
  • Il prévoit aussi d’agir contre l’accaparement des terres agricoles. Le principe est le même : empêcher qu’une ressource essentielle soit captée par la spéculation.
  • Il exige que les bras financiers de l’État, dont la Caisse de dépôt et placement, rendent publics leurs placements dans certains secteurs. Cette exigence de transparence peut logiquement s’étendre à leurs placements immobiliers résidentiels.
Ce que nous proposons d’approfondir
  • Donner aux municipalités qui n’en disposent pas encore les outils d’acquisition prioritaire dont Montréal se sert déjà, avec le financement pour les utiliser.
  • Soutenir les fiducies foncières communautaires, qui retirent durablement le sol du marché spéculatif.
  • Évaluer une taxe sur les logements vacants dans les marchés les plus tendus, en versant ses revenus au logement hors marché.
  • Réserver l’aide publique à la construction aux logements sociaux et coopératifs, maintenus hors marché de façon permanente.
  • Documenter publiquement la concentration de la propriété locative au Québec.
Ce qui a fonctionné, et pourquoi c’est transposable

Montréal, droit de préemption. Depuis 2017, la Charte de la Ville de Montréal lui permet d’acheter en priorité certains immeubles lorsqu’ils sont mis en vente. La Ville s’en est servie pour acquérir des immeubles et les soustraire à la spéculation, notamment un projet d’une centaine de logements hors marché dans Côte-des-Neiges en 2024. Transposable : c’est déjà du droit québécois. La question est de l’étendre et de le financer, pas de l’inventer.

Burlington (Vermont), Champlain Housing Trust. Fondée en 1984 avec l’appui de la Ville, cette fiducie foncière compte plus de 2 200 propriétés en location ou en accession à la propriété, soustraites à la spéculation de façon permanente. Transposable : ville voisine du Québec, climat et taille comparables à nos villes moyennes. Le Code civil du Québec permet déjà la fiducie d’utilité sociale, un véhicule juridique qui s’y prête.

Vancouver, taxe sur les logements vides. Depuis 2017, le nombre de logements vacants a fortement diminué et la taxe a généré environ 194 M$ réinvestis en habitation. Limite à reconnaître : une étude du C.D. Howe Institute conclut qu’elle a remis des logements sur le marché sans faire baisser les loyers. C’est un outil d’appoint, pas une solution en soi, et il n’aurait de sens que dans les marchés québécois où la vacance spéculative est documentée.

Principe directeur

Chaque dollar public investi en habitation doit créer ou protéger du logement social ou coopératif, à l’abri de la spéculation pour de bon.

Vacance immobilière

Notre lecture

Le bâtiment le plus écologique est souvent celui qui existe déjà. Démolir pour reconstruire gaspille le carbone déjà investi dans les matériaux, et construire en périphérie grignote nos terres agricoles, que nous voulons protéger sans compromis.

Pendant ce temps, des églises, des couvents, des écoles et des édifices publics se dégradent, vides, alors que des organismes cherchent des locaux et que des familles cherchent un logement. À Montréal seulement, on compte quelque 800 édifices vacants.

Ce que nous portons déjà
  • Notre programme prévoit d’utiliser les bâtiments libres, comme les églises et les édifices gouvernementaux, comme lieux de refuge lors de crises climatiques.
  • Il prévoit de nommer un urbaniste en chef et un architecte en chef pour une planification qui tient compte des changements climatiques.
  • Il prévoit que le transport en commun local et régional soit gratuit, afin de réduire les émissions de GES et l’usage de l’automobile, et que l’État investisse massivement pour en accroître l’offre. Des milieux de vie bien desservis par un transport collectif gratuit rendent la requalification des bâtiments existants d’autant plus porteuse.
  • Il prévoit de considérer les émissions de GES dans toutes les décisions économiques de l’État. Appliquée au bâtiment, cette règle veut dire comparer rénovation et démolition sur la base de leur bilan carbone réel.
Ce que nous proposons d’approfondir
  • Un inventaire public des bâtiments de l’État vacants ou sous-utilisés.
  • Une règle de réutilisation d’abord : avant de vendre ou de démolir un bâtiment public, évaluer sa conversion en logement, en locaux communautaires ou en espaces collectifs.
  • Un cadre clair pour l’occupation transitoire, afin qu’un bâtiment en attente de projet serve la communauté au lieu de se dégrader.
  • Un premier droit d’acquisition pour les organismes sans but lucratif et les coopératives lorsque l’État se départit d’un immeuble.
Ce qui a fonctionné, et pourquoi c’est transposable

Entremise et le Laboratoire transitoire (Montréal). Cet organisme d’économie sociale québécois, fondé en 2016, trouve des occupants temporaires pour des bâtiments vacants. Avec la Ville de Montréal, il a lancé des projets dans des bâtiments municipaux, dont le projet Young à Griffintown et la Cité des Hospitalières. Transposable : c’est déjà un savoir-faire d’ici. Entremise s’intéresse d’ailleurs à des bâtiments hors de Montréal, dont la Maison blanche du monastère des Ursulines de Trois-Rivières. Ce qui manque, c’est un cadre et un financement à l’échelle du Québec.

Principe directeur

Avant de démolir ou de bâtir sur un champ, demandons-nous ce que nous pouvons faire de ce que nous possédons déjà.

Numérique

Notre lecture

C’est l’enjeu sur lequel notre programme est le plus explicite. Nos données sont une ressource stratégique au même titre que notre eau ou notre électricité. Un État qui loue ses outils essentiels à quelques géants étrangers dépend d’eux pour ses coûts, sa sécurité et ses choix.

Ce que nous portons déjà

Notre programme prévoit que l’État :

  • priorise les logiciels libres et ouverts ;
  • soit propriétaire des infrastructures qui hébergent ses bases de données ;
  • développe son expertise interne et, au besoin, ses propres applications pour les services aux citoyens ;
  • s’assure que les GAFAM paient taxes et impôts sur leurs activités au Québec ;
  • rende l’internet haute vitesse disponible dans toutes les régions au même tarif, comme l’électricité.
Ce que nous proposons d’approfondir
  • Une migration planifiée, par étapes, des postes de travail de l’administration vers des logiciels libres.
  • Des achats groupés et du code partagé entre ministères, municipalités et réseaux publics.
  • Un accompagnement des petites municipalités, qui n’ont pas l’expertise pour sortir seules de la dépendance à un fournisseur unique.
  • Des critères d’approvisionnement qui valorisent l’interopérabilité, les formats ouverts et les entreprises québécoises.
Ce qui a fonctionné, et pourquoi c’est transposable

Schleswig-Holstein (Allemagne). Cet État fédéré d’environ 2,9 millions d’habitants a décidé en 2024 de faire passer son administration aux logiciels libres. Selon les données rendues publiques, environ 80 % des 30 000 postes utilisent maintenant LibreOffice, plus de 44 000 boîtes courriel ont migré vers des solutions libres, et l’État prévoit plus de 15 millions d’euros d’économies de licences par année. Transposable : c’est une entité fédérée, avec son propre appareil administratif, qui a pris cette décision sans attendre son gouvernement central. C’est exactement la situation du Québec.

Limite à reconnaître : Munich avait migré vers Linux au début des années 2000, puis est revenue à Windows en 2017, faute de soutien technique et de formation suffisants. La leçon est claire : la volonté politique doit s’accompagner d’une expertise interne solide, ce que notre programme prévoit justement.

Nous prenons acte que le gouvernement sortant a lui-même adopté en 2026 un énoncé sur la souveraineté numérique qui mentionne le logiciel libre. Après les difficultés largement médiatisées de grands projets informatiques publics, il est temps de passer des intentions aux actes.

Principe directeur

L’autonomie numérique n’est pas une question technique. C’est notre capacité collective de contrôler nos données, nos coûts et nos services publics.

Soutien à l’économie sociale

Notre lecture

Une coopérative ou un OBNL ne peut pas être délocalisé par des actionnaires lointains. La richesse qu’il crée reste dans le village ou le quartier, et les décisions se prennent par ceux qui y vivent. C’est la définition même d’une économie au service du monde et non des actionnaires.

Ce que nous portons déjà
  • Notre plateforme 2026 vise une économie qui réinvestit dans nos collectivités et un développement économique enraciné.
  • Notre programme favorise l’achat local, les circuits courts, les marchés d’agriculteurs et les petites fermes.
  • Il prévoit un retour juste et équitable aux collectivités touchées par les projets énergétiques.

Nous reconnaissons toutefois que notre programme ne comporte pas encore de volet détaillé consacré à l’économie sociale. Votre question nous invite à le bâtir.

Ce que nous proposons d’approfondir
  • Renforcer l’accès au capital patient pour les entreprises collectives.
  • Réserver une place à l’économie sociale dans les marchés publics.
  • Faciliter la reprise collective des entreprises dont les propriétaires partent à la retraite, pour éviter qu’elles ferment ou soient vendues à l’extérieur.
  • Faciliter l’acquisition d’immeubles et de terrains par les coopératives et les OBNL.
  • Adapter l’accompagnement aux petites communautés et aux régions.
Ce qui a fonctionné, et pourquoi c’est transposable

La Fiducie du Chantier de l’économie sociale (Québec). Créée en 2007, elle offre des prêts sans remboursement de capital avant 15 ans, pour les opérations ou l’immobilier des entreprises collectives. Elle a par exemple investi 1,1 M$ dans un projet de l’UTILE, qui développe du logement étudiant sans but lucratif. Transposable : le modèle existe déjà chez nous et a fait ses preuves. Il s’agit de lui donner beaucoup plus d’envergure.

Mondragon (Pays basque). Ce groupe réunit aujourd’hui 92 coopératives et emploie environ 70 500 personnes. Lors de la crise financière, le chômage au Pays basque est resté nettement sous la moyenne espagnole, et le groupe a pu replacer dans d’autres coopératives des travailleurs mis à pied. Transposable : comme le Québec, le Pays basque est une nation à forte identité, avec sa propre langue et une tradition d’action collective, au sein d’un État plus large. Limite à reconnaître : le groupe a aussi connu des échecs, dont la faillite d’une de ses grandes coopératives industrielles. Le modèle coopératif n’immunise pas contre la concurrence, mais il protège mieux l’emploi local.

Principe directeur

L’économie sociale n’est pas une économie de seconde zone. C’est l’un des meilleurs moyens de garder chez nous la richesse, les décisions et les services essentiels.

Un même fil conducteur

Logement, bâtiments, numérique, économie sociale : dans les quatre cas, la question est la même. Voulons-nous que nos ressources collectives servent d’abord des rendements financiers, ou d’abord les gens et les communautés qui les ont bâties ?

Climat Québec a fait son choix. Nous voulons reprendre nos leviers collectifs, protéger notre territoire et mettre l’économie au service du monde. C’est aussi pourquoi nous voulons que le Québec dispose de 100 % de ses leviers politiques et économiques : pour décider par et pour nous-mêmes.

Nous remercions Espace Ville Autrement pour ces questions. Elles ouvrent un dialogue que nous souhaitons poursuivre, notamment sur les pistes que nous avons identifiées comme étant à approfondir.

Québec Solidaire

Financiarisation

Québec solidaire a déposé un ambitieux plan de plus de 20 mesures pour mettre fin à la crise du logement. Celui-ci inclut notamment : 

  • Imposer des pénalités réellement dissuasives envers les propriétaires qui négligent leurs immeubles et rendent la vie dure à leurs locataires, allant d’amendes sévères à l’expropriation. 
  • Geler les loyers à l’inflation pendant un an (avec un plafond de 3%), puis réformer le calcul des hausses permises ;
  • Instaurer un registre des loyers public obligatoire ;
  • Ajout de 50 000 logements sociaux, communautaires réellement abordables et à l’abri de la spéculation ;
  • Investir 1,5 G$ pour créer 6 000 logements de transition, ainsi que 135 M$ par année pour l’accompagnement psychosocial dans ces logements ;
  • Déposer le Plan d’action et de lutte à l’itinérance 2027-2032 en doublant les sommes qui y seront consacrées ;
  • Empêcher les reprises de logement et les résiliations de baux entre le 1er décembre et le 31 mars ;

Vacance immobilière

Sous un gouvernement de Québec solidaire, de nouvelles mesures fiscales seront mises en œuvre pour taxer lourdement les opérations de revente rapides (« flips »), et grâce au registre des loyers, les villes pourront appliquer efficacement la taxe sur les bâtiments laissés vacants. 

L’inclusion à 100% du gain de capital immobilier dans le revenu imposable pour les propriétaires d’immeubles locatifs qui n’y résident pas diminuera l’attrait du marché immobilier comme outil de spéculation, en plus de contribuer à une meilleure redistribution de la richesse immobilière, de favoriser l’occupation réelle et de calmer la surchauffe immobilière. À l’inverse, les propriétaires qui choisissent de vendre leur immeuble à un OBNL, une coopérative ou un office d’habitation bénéficieront d’un abattement fiscal supplémentaire pour accélérer la sortie de logements du marché privé. 

La plan de transition de Québec solidaire prévoit aussi, entre autres, d’accélérer la décarbonation des bâtiments en remplaçant progressivement le diesel par des énergies renouvelables, des solutions de stockage et des mesures d’efficacité énergétique afin de renforcer la résilience et la sécurité énergétique des communautés éloignées. 

Un gouvernement de Québec solidaire fera également preuve d’exemplarité en la matière en s’assurant de minimiser les propriétés publiques vacantes.

Numérique

Un gouvernement solidaire protégera la souveraineté numérique des Québécoises et Québécois en s’assurant que leurs données personnelles soient protégées et stockées au Québec. 

Un gouvernement solidaire fera aussi la promotion d’un usage éthique de l’intelligence artificielle pour accroître la productivité des entreprises et l’efficacité des services, en protégeant les emplois des Québécoises et des Québécois et en soutenant la requalification des travailleuses et travailleurs qui le souhaitent.  

Soutien à l’économie sociale

Sous un gouvernement solidaire, la Société de l’habitation du Québec sera mandatée d’offrir des prêts avantageux et du capital patient aux organismes gestionnaires des logements sociaux. 

Québec solidaire favorisera le développement de coopératives de propriétaires, en mettant fin aux embûches règlementaires et fiscales auxquelles elles font face. 

Il mettra aussi en place un projet pilote de fiducie foncière publique. En séparant la propriété du bâti de celle du sol, ces modèles garantissent une abordabilité perpétuelle et facilitent l’accès à la propriété pour les ménages à revenus modestes, tout en favorisant le vivre-ensemble et la mixité sociale.